Journal d'une chute (et d'une rémission)

dimanche 14 mars 2010

Note pour moi-même, après 1 an et demi d’absence.

Ce n’est pas « rémission » que je voulais écrire. Mais « rédemption ». Parce que ca sonne quand même bien mieux et que c’était ma démarche initiale que je n’avais simplement en son temps pas su formuler.

Ceci ayant été dit, je repars comme je suis venu.

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mercredi 12 novembre 2008

84.

L’euphorie n’est qu’éphémère. Evidemment. Au moins n’en ai-je jamais douté. Ce sera une illusion de moins à perdre.

Donc. Mouvance, fluctuation, tout ça quoi. Ou instabilité. Cela dépend de la manière dont on voit les choses.

Mon nouveau boulot a commencé depuis quelques brèves semaines. Et après une semaine et demi (montre en main) d’à peu près contentement, voici que je regarde tout cela avec une indifférence déjà froide et blasée. Ca promet donc pour la suite.

Si c’est ainsi que la vie se poursuit, il faut sans doute faire avec.

Bien sûr, voir, parler, sortir, appeler. Et se battre.

Et pourtant, non. J’ai visiblement laissé armes et armure au vestiaire. Et je n’irai pas les chercher.

Une dernière chose : où que je sois, quoique je fasse, je reste indéfectiblement ce que je suis. Ca peut paraître grandiloquent et vaniteux, mais c’est en fait un constat d’échec. Une vérité limpide, tandis que le brouillard s’est quelque peu dissipé, ne laissant pourtant entrevoir que de bien mornes réalités.

Voila, j’entends la cloche tinter, appelant à la levée de la séance. Je déteste lire des écrits vains, qui tournent en rond, qui se mordent la queue et qui laissent les choses s’étirer en longueur, jusqu’à la fadeur. Je déteste aussi de plus en plus me lire. Et plus encore désormais, (m’)écrire.

J’y mets donc simplement fin.

Merci à vous qui êtes passés ici par hasard et qui y êtes restés pour des raisons qui vous sont propres.

Je suis navré que cela se finisse sur une note d’apparence amère, après un message qui se voulait optimiste.

Vous me connaissiez (un tout petit peu) et n’aviez donc pas vraiment cru que cela durerait. Les happy end n'existent que dans les films.

Malgré tout, je continue à croire sincèrement que le plus beau reste à venir. Tout est donc encore permis et peut être enverrai-je des cartes postales de temps en temps.


Post scriptum : si un lecteur était, un jour, amené à penser que le rédacteur de ces lignes paraît tout de même d’une constitution bien fragile pour avoir flanché devant si peu de choses, je le rassurerai, outre scriptum, en lui soufflant à l’oreille que rien n’a évidemment changé et que c’est ainsi depuis bien longtemps. La flamme éclaire mais ne crée pas (méditez, mes amis, cette parole bancale, c’était la dernière J )

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jeudi 6 novembre 2008

83.

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Lever la tête, toujours.

(Je précise que ce blog ne se transforme pas subrepticement en album photos…).

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samedi 1 novembre 2008

82.

1. Me voila donc revenu de mon escapade, voyage en solitaire dans quelques pays et villes chargés d’histoire, de vieilles pierres et d’un doux soleil d’automne.

Beaucoup de moments euphoriques à certains égards.

Beaucoup de moments pendant lesquels j’ai marché le sourire aux lèvres.

Parce qu’en décalage avec le mouvement. Et parce que j’ai vu des choses merveilleuses, rencontré de manière éphémère des gens très sympathiques.

J’en reviens donc avec beaucoup d’images et de souvenirs.


2. En second lieu, je me permettrai (« mais permets-toi, me souffle-t-on, tu es chez toi ! » ; c’est vrai…) de raconter une anecdote qui trouve, je pense, sa place ici.

Vers la fin du voyage, je me suis promené sur une colline verdoyante, au beau milieu d’une ville gigantesque et tentaculaire. Et pourtant, une colline absolument silencieuse, sans un bruit, sans un passant.

Il faisait parfaitement beau. Je voyais la mer à une dizaine de kilomètres au loin. J’étais bien.

Je me suis allongé sur un banc et j’ai longuement laissé mon esprit divaguer.

J’en suis arrivé, par je ne sais quel détour, à penser à ce que se serait d’être allongé ici ; sous la terre, sans vie, sur le versant ouest de cette colline, tourné vers la mer, à l’ombre des oliviers et des pins parasols. Je me suis même imaginé ma propre pierre tombale et ce qui y serait gravé.

Allongé sur mon banc, je me suis vaguement endormi, quelques minutes ou un peu plus.

Puis je me suis réveillé, un peu déboussolé, un peu vaseux.

Je me suis assis et, sans aucune raison, j’ai entrepris de faire l’inventaire du contenu de mon portefeuille. Peut-être était-ce la seule chose que j’avais à faire (j’avais un livre avec moi pourtant).

Rapidement, je suis tombé sur un petit papier plié, coincé entre différentes cartes. Un mot que mon ex-femme m’avait écrit, il y a longtemps, au tout début de notre relation, autant dire dans une autre vie.  « Je t’aime Charlie » (naturellement, Charlie n’est pas mon prénom) en diverses langues.

Je l’ai parcouru plusieurs fois et me suis demandé ce qu’il faisait là, alors que j’avais purgé, depuis plusieurs mois déjà, mon portefeuille de toute référence à notre relation (photos, petits papiers et autres).

J’ai été tenté de remettre ce petit papier à sa place, témoin de quelque chose qui  – après tout – avait un jour existé.

Mais je me suis levé, sur cette fabuleuse colline, face à la mer. J’ai plié ce papier et je l’ai déchiré en des tas de petits morceaux. Sans rage, ni colère, ni hargne.

Je les ai dispersés en l’air et, l’espace d’un instant, portés par le vent léger soufflant sur ma petite colline, ils sont restés en suspension. Comme des confettis. Ou des flocons de neige. Ou de minuscules, minces et fragiles fleurs blanches.

J’ai regardé quelques secondes. J’ai peut être esquissé un sourire. Puis je suis parti.

Rétrospectivement, j’aime à penser que cet instant a été celui où j’ai, posément et calmement, rituellement fermé une porte.

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dimanche 26 octobre 2008

81.

J’aurais des tas de choses à dire, mais je n’en ai, ni le temps, ni vraiment l’envie, en tout cas à l’instant présent. Alors, et même si ce n’était pas le but premier, et sans que cela devienne une habitude, je vais remplacer mes palabres habituelles par trois photographies prises ces dernières semaines. Histoire de changer donc, même si rien ne change, naturellement.

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samedi 11 octobre 2008

80.

Quelques réflexions, juste avant de partir.

1. L’une des sources de mes difficultés est sans doute de toujours croire que tout est profondément dramatique. J’aurais aimé pouvoir prendre la vie avec joie, légèreté et amusement. Mais certains sont des murs de sable et chaque caillou jeté, si infime soit-il, laisse une trace.

Et que dire lorsque ce mur de sable se double d’une haute muraille aveugle derrière laquelle je demeure avec une résignation légèrement teintée d’une fierté mal placée ; une prison que j’ai bâtie et que je ne sais pas détruire, si tant est que je le veuille.

Absence totale de communication et enferment absolu ne font visiblement pas bon ménage.


2.
L’oscillation permanente entre des états d’esprit et des pensées contradictoires se poursuit sans cesse.


3.
La place vide laissée par la peine et la tristesse qui s’amenuisent a été colonisée par une colère débordante et haineuse.


4.
Les deux cycles de sept ans sont aujourd’hui totalement achevés. De quoi seront fait les suivants est une question que je ne me pose pas vraiment.


5.
Je doute de revenir ici avec plus de sérénité. Mais je ne désespère pas que le plaisir de sentir le sol sous mes pas, de me savoir vivant et parfaitement libre me donne l’envie de continuer et de croire. En beaucoup de choses.


6.
Merci aux passants et à bientôt. Je ne vous ferai pas l’affront de vous demander de bien vouloir excuser mes absences, passées et à venir.

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jeudi 2 octobre 2008

79.

Une saison a passé. C’était l’été dehors, mais c’était l’hiver en dedans.

Demain matin, fin symbolique, mais pas seulement, de tout cela. Une fosse à remplir, à fermer et à abandonner sans se retourner. Parole aisée ; acte ardu.

Elle m’a écrit, me disant qu’elle espérait que je pourrais pardonner un jour le mal qu’elle m’a fait et que je serais heureux.

Je n’ai pas répondu. Tout cela est tellement illusoire et vain. Je crois au pardon, mais pas ici, pas maintenant et pas pour cela. C’est sans doute alors que je n’y crois pas vraiment.

C’est aussi que j’ai la rancune très tenace. C’est aigre et peu agréable je sais, mais je n’y peux rien. J’en ai d’ailleurs fait des rêves assez violents. Heureusement qu’il y a les rêves.

Je veux m’écarter de ces tourments, trouver une sérénité et une plénitude jamais atteintes jusqu’à présent. J’ai envisagé d’illicites substances, mais pour y renoncer aussitôt. Je ne veux être dépendant de rien, n’être aliéné par quiconque et vivre malgré tout mes douleurs. Si j’écris cela aujourd’hui, c’est qu’elles s’estompent doucement ces douleurs.

Professionnellement, cela se termine également dans quelques jours.

C’est une ambiance très étrange, l’impression d’avancer dans du coton dans à peu près tout ce que je fais ; et d’être incompris aussi, d’autant que j’ai la très fâcheuse habitude de lancer sans cesse des phrases abstraites, prétendument profondes et mystérieuses, mais en définitive sans aucun sens.

J’écris peu ici, pour la bonne raison que je n’ai que peu de chose à dire. Qu’après avoir parcouru pendant des mois ma cage, j’ai épuisé ma patience et mon envie de toujours faire le même tour de piste. A moins que je n’en sois sorti de cette cage, mais je ne le pense pas.

Je repars bientôt en voyage. A nouveau seul, dans des villes inconnues et étrangères. Il faut croire que j’aime cette mélancolie. Mais c’est évidemment surtout pour m’imprégner d’autres choses. Peu m’importait la destination, l’essentiel était le voyage (encore une phrase volée quelque part).

Ce sera la pause que j’évoquais il y a quelques mois. Silencieux et les yeux grands ouverts. Et la solitude comme compagne de voyage.

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samedi 20 septembre 2008

78.

Journée étrange.

Réveil en pleine nuit sans retrouver le sommeil. Une pulsion tout d’un coup : sortir dans la rue pour courir ou faire du vélo. Il est trois heures du matin. Volonté de fuite à demi-consciente, à mi-chemin entre l’éveil et le somnambulisme. Je m’habille puis me ravise juste avant de partir. Errance en soi et en sa propre maison. Assis sur une chaise, j’élabore en pleine nuit des plans pour changer toute la disposition intérieure. Je me retrouve avec un mètre en main pour prendre des mesures (!). Puis retour au sommeil soudainement.

Au réveil, tout est clair. Plusieurs heures à mettre sens dessus dessous une pièce, pour effacer les traces d’une présence et/ou d’une absence.

Le soir venu, je suis content de moi. Comme lorsque j’étais enfant et que je m’amusais très régulièrement à changer la disposition  de ma chambre, ne disant rien à personne et savourant pendant plusieurs jours l’illusion de la nouveauté.

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jeudi 18 septembre 2008

77.

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Je devrais peut être arrêter de lire les peanuts avant de m'endormir.

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vendredi 12 septembre 2008

76.

Dernière phrase prononcée par mes bons soins : « Bonne chance dans ta vie. Merci d’avoir gâché la mienne. »

Une phrase aigre, pleine de reproche, et finalement inutilement revancharde. Et puis fausse, j’espère. Mais je ne suis pas un saint et je n’aspire pas à l’être. Qu’il me soit tout de même permis d’exprimer ma colère.

Ce n’était en principe pas la dernière rencontre. Une ultime est prévue dans quelques semaines ou quelques mois, pour un aspect particulier du divorce que je n’évoquerai pas ici.

Une autre relation est-elle envisageable dès à présent. Je l’ignore ; je suis fragilisé, perturbé plus que de coutume, et il est évident que mon caractère associable et effroyablement timide n’arrangera rien. Donc autant ne rien envisager. Laisser les blessures se refermer et laisser du temps au temps (ah ces slogans publicitaires préemballés, j’ai honte...).

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mercredi 10 septembre 2008

75.

En dépit des longueurs proverbiales de la justice, je suis aujourd’hui divorcé. Ce fut simple, rapide et efficace. S’agissant de la procédure, j’entends. Pour le reste, il n’en est rien, naturellement. Ce lieu en témoigne.

Je n’attendais rien de ce jour et il ne m’a rien apporté. Le temps de ma vie n’est pas le temps de la justice.

Je n’aurais pas imaginé une seconde tout cela. Il ne faut s’attendre à rien, parce que rien n’arrive comme on le pense. Ou il faut s’attendre à tout. Ce qui revient au même.

Elle était évidemment là, ma désormais officielle ex-épouse. Je ne lui ai rien dit, je ne lui ai pas parlé. Tout juste un hochement de tête pour un bonjour, et la même chose pour un au revoir.

Elle était belle, mais le dégoût et la déchirure brouillent bien des choses.

Elle portait sa bague de fiançailles au doigt. C’est curieux, vu sa récente frénésie destructrice.

Elle avait les yeux mouillés.

On sème et on récolte. Douleur pour chacun, mais c’est ainsi.

J’ignore ce qu’elle pense de tout cela. Elle m’a tellement dit tout et son contraire. Elle ne s’est pas excusée. N’a pas demandé pardon. Mais je n’aurais de toute façon pas accepté d’excuses ni pardonné quoique ce soit.

Le gâchis d’une vie, la débâcle inattendue, le bouleversement soudain. On tient quelque chose entre les mains. Puis on s’aperçoit que ce n’est qu’une ombre.

En conduisant, je me suis rendu compte que j’avais aussi les yeux humides. C’est peut être contagieux, il faudra que je me renseigne. A moins que ce ne soit la pluie. Mais il ne pleuvait pas.

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dimanche 7 septembre 2008

74.

1. Je me suis demandé pourquoi j’écrivais de moins en moins ici. Je n’ai pas trouvé de réponse particulière, si ce n’est que l’impulsion s’est sans doute affaiblie.

Je suis écoeuré par beaucoup de choses, je digère mal les événements (je me lance dans le symbolisme alimentaire…) et je n’ai pour l’instant pas grand-chose à dire de plus, sauf à ruminer inlassablement les mêmes sentiments permanents.

Je me suis installé dans une sorte de routine, très malsaine à beaucoup d’égards.


2. J’ai l’impression que l’autodafé de notre mémoire (oui je sais, j’exagère) de dimanche dernier a été tellement brutal pour moi qu’il a finalement été salutaire. Il a coupé les derniers ponts qui, éventuellement, subsistaient.

Il en reste encore, forcément, parce qu’à moins de faire preuve d’amnésie volontaire, on avance avec son passé.

Mais on vit probablement mieux lorsqu’on admet que, précisément, c’est son passé. Ca peut paraître anodin, mais le passage du présent continu au passé (pas simple, subjectif, très imparfait et recomposé) n’est pas du tout évident.

Je ne pense pas y être parvenu, mais je suis en chemin. Peut être n’y arrive-t-on jamais vraiment. Et c'est sûrement mieux comme cela.


3. A l’inverse d’elle, je ne me suis pas lancé dans une destruction massive d’objets.

J’ai jeté un certain nombre de choses qui ne signifiaient plus rien, mais j’ai procédé à un tri très personnel.

J’ai conservé des choses mais je les ai occultées, en un autre lieu.

Je sais qu’elles sont là, mais elles ne sont plus là. Je n’ai pas à me punir de quoi que ce soit.


4. C’est une réalité dérangeante et pénible lorsqu’on s’aperçoit être trahi de toute part.

Une épouse qui s’est moquée de soi pendant des mois. Une blessure d'amour et d'amour-propre.

Une activité professionnelle (qui s’achève bientôt fort heureusement) où l’on est espionné et manipulé. Et je fais semblant de ne pas savoir, peut être à tort.

On regarde autour de soi, et on s’interroge. Vers quoi se tourner.

Le brouillard que j’évoquais il y a quelques mois est toujours aussi présent.

Cela m’a pris par surprise au début. Et maintenant je fais avec, parce que c’est pour l’instant ma vie. Et l’air de rien, c’est d’une certaine façon intéressant à vivre, cette absence d’emprise sur quoi que ce soit, cette page blanche qui provoque le vertige.

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dimanche 31 août 2008

73.

1. Elle est venue récupérer le reste de ses affaires. En fait, récupérer n’est pas le mot. Jeter est plus exact. Elle a littéralement jeté les 90 % de ses affaires, ses souvenirs, ses objets, ses peluches (et oui), ses photos, les cartes d’anniversaire, de Saint-Valentin etc…

Tout y est passé.

Comme un abruti, je l’ai aidé à descendre tout cela à la poubelle. Une dizaine d’énormes sacs remplis de sa/notre vie.

Je ne suis pas un matérialiste excessif, mais je suis très attaché aux objets. Voir jeter tout cela a été particulièrement dur pour moi. Les faire-part, le « livre d’or » du mariage, sa robe de mariée. Des tas d'objets de toutes sortes que je lui avais offerts. Tout. D’un autre côté, qu’en aurais-je fait. Allais-je dresser un mémorial à notre passé.


2. Pour autant, je n’arrive pas à concevoir qu’on puisse aussi méthodiquement détruire ses souvenirs. Cela me dépasse, c’est inimaginable. Jeter aux ordures toutes ses affaires, ses photographies, ses CD. C’est dingue. Je ne trouve pas les mots.

Je ne veux pas employer des mots indécents. Mais ça a été atroce d’une certaine manière. Vraiment. Je sais que « du passé faisons table rase », mais là j’ai beaucoup de mal.

Je me suis relativement maîtrisé en sa présence. J’ai été très distant, mais j’ai ravalé mes reproches. Quel intérêt désormais. Tout cela est fini. Le passé ne changera pas. Quoique nous disions, cela ne modifiera en rien ce à quoi nous avons abouti.

Elle a jeté un dernier regard à l’appartement pour voir si elle n’avait rien oublié. Ce sera la dernière fois.

Je suis remonté chez moi. Et j’ai pleuré. Beaucoup. Par stades successifs. Ca fait physiquement mal.


3. Je n’ai pas posté ce message tout de suite. Je n’ai d’abord pas souhaité le publier, parce que c’est considérablement impudique. Je l’ai finalement fait, parce que c’est une espèce de journal que je tiens, et que ce jour y tient une place importante. Il doit donc s’inscrire ici.


4. En fin d’après midi, j’ai regardé par la fenêtre par hasard. Des passants, des clochards, ont éventré tous les sacs poubelles déposés dans la rue. Tous nos souvenirs sont exposés aux quatre vents. Je vois un tableau que je lui avais fait par terre. Ils fouillent nos albums photo. Des faire-part s’envolent. Ici la peluche que je lui avais offert à l’hôpital lorsqu’elle avait eu un accident.

Je suis en larmes. Je n’en peux plus. J’ai la gorge complètement nouée.


5. Je crois que ce sera l’ultime blessure qu’elle m’aura porté. Elle a perdu la partie, parce qu’elle ne pensait probablement pas que je prendrai cette décision, parce que je l’ai en quelque sorte mise dehors.

Sa dernière vengeance - peut être inconsciente - a été cette mise au rebut à laquelle j’ai assisté et de surcroît, comme un imbécile, participé.

Tout cela est déchirant. Vraiment. J’essaie de ne pas y penser, mais j’ai l’impression d’être retombé dans les affres du début.

Je suis en miettes.

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vendredi 29 août 2008

72.

Je moisis maintenant, en mode statique, dans la même situation depuis plus de deux mois. Mes réflexions, sentiments et ressentiments ont sans doute évolué, mais je ne supporte plus (je ne les ai d’ailleurs jamais supporté) ces pensées constantes et identiques d’un jour à l’autre, même si elles se sont tout de même amoindries. Je n’avance pas.

Comme je l’ai déjà dit, mon état d’esprit change du tout au tout d’une heure à l’autre. Mais à y penser, il suit généralement le fil de la journée ou celui des rares événements notables qui s’y déroulent. Des petits cercles concentriques, mais qui sont semblables d’un jour à l’autre. Tout ça est stérile.

Facile de dire d’arrêter de se prendre la tête et de tourner la page. J’ai beau tourner les pages, je suis toujours dans le même long chapitre (il faudra que je fasse l’acquisition d’un dictionnaire des sens figurés, histoire de varier un peu mes images symboliques), en dépit de ce que je peux parfois imaginer.

Je vais tenter d’être honnête avec moi-même. La faute m’en revient aussi largement puisque je mène une vie d’ermite social absolu. Des relations purement superficielles (sourire, bonjour, au revoir, re-sourire) au boulot avec quelques collègues. Aucune – j’ai bien dit aucune – relation sociale ou amicale. Une famille qui se résume grosso modo à trois ou quatre personnes, avec lesquelles je ne parle, ni de la mort, ni de l’amour. Où même le mot cimetière s’emploie avec des litotes et des périphrases (en fait, j’exagère et je tords la réalité en disant cela, mais je n’ai pas le cœur à expliquer quoique ce soit. Je laisse la phrase ainsi, en précisant qu’elle n’est ni fausse ni vraie).

Mon but n’est pas d’apitoyer. Je constate simplement une situation et suppose que c’est l’un des facteurs qui fait que je ressente un tel malaise. Il y en a d’autres évidemment.

Je n’imaginais vraiment pas tout cela. Si c’est une punition, c’est bien trouvé. Mais je sais que ce n’est pas une question de punition ou de châtiment. C’est la vie, et c’est tout. Je dois aussi comprendre que l’élément déclencheur devra venir de moi. Personne ne fera de geste vers moi, non qu’autrui soit hostile ou indifférent, mais parce qu’autrui n’existe pas, de mon fait (et là encore, je sais que j’exagère et que j’assène de fausses vérités. Certains se reconnaîtront et je les en remercie).

Tout cela est un peu embrouillé, confus, voire contradictoire. Ce n’est pas de très bonne compagnie. Ce n’est, ni très fun, ni très enjoué. Et, en relisant, j’ai l’impression nauséabonde que c’est la prose d’un adolescent attardé, boutonneux, qui se prend pour un poète maudit et incompris, à qui tous les malheurs du monde arrivent et qui s’en désole bruyamment en faisant des phrases. Misère.

J’ai été en meilleure forme. Ca ira mieux.

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lundi 25 août 2008

71.

Me voici de retour. Une succession de très brefs moments d’euphorie et de longs apitoiements. Je pensais être bien plus solide face à la solitude. Mais elle est poisseuse et suffocante. Elle est mélancolique. Elle rend libre et emprisonne tout à la fois.

Je dois me forcer pour ne pas regarder autour de moi, pour ne pas échafauder sans cesse des comparaisons et me dire « et si ». Et si rien du tout. Chacun sa voie, à nulle autre pareille, en dépit des apparences.

La tristesse se meut parfois en colère sombre. En aigreur aussi. C’est laid et je m’efforce de ne pas y succomber, mais je n’y arrive pas toujours.

Je suis égoïste : ce n’est désormais pas elle qui me manque (j’ai tiré sur elle un trait à l’encre indélébile), mais la présence d’une âme qu’on dit sœur avec laquelle partager une vie.

Mais je fuis ce que j’ai et je cours après ce que je n’ai pas. Puis je m’en saisis et je n’en veux plus. Je suis constamment insatisfait et cela me désole.

Et je ne sais pas m’émerveiller et cela m’effraie. Je ne vois que des ombres.

Sombre tableau en apparence, mais comme je l’ai maintes fois écrit ici, tout est tellement mouvant. Beaucoup trop d’ailleurs.

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vendredi 8 août 2008

70.

Je m’envole prochainement vers d’autres lieux, que j’espère cléments, sereins et épanouissants.

Je m’efforce de ne pas choir dans la mélancolie, le ressentiment et le regret. S’apitoyer continuellement sur soi-même est désagréable, pour soi et les autres, laid et peu constructif.

Je tente de dépasser ce stade et, le temps aidant (ah, le temps, tout à la fois remède et maladie...), il me semble que cela va mieux.

Je souhaite que ce ne soit pas qu’une illusoire et brève impression, et que ça n'aboutisse pas à une vraie dépression (oh, ce pauvre jeu de mots ! C'est le dernier jour avant les vacances et, comme à l'école primaire, on a le droit d'amener ses jeux).

Bon courage à ceux qui restent, bonnes vacances pour ceux qui partent.

A bientôt.

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mardi 5 août 2008

69.

J’ai acheté plusieurs livres hier, pour occuper mes prochaines attentes d’aéroports, de vols, de cars, de bus, de sommeils (les voyages sont souvent une succession d’attentes). En vrac : périple lointain, enquêtes policières, absurde et mémoire. Un mélange pour absorber d’autres mondes.

Dans la librairie, je pensais à toutes les fois où elle m’y accompagnait. Parfois lasse d’attendre que je finisse de divaguer parmi les rayons. D’autres fois amusée et jouant à trouver des livres susceptibles de me plaire et souriant lorsque je les choisissais.

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lundi 4 août 2008

68.

Comprendre que tout se finit. Que chaque chose est limitée, enserrée dans son humble portion.

Apprécier les pauses, même si elles ne sont que provisoires. Etre serein, même si cela recommence.

Que le voyage débute et ne penser, ni à sa fin, ni au lendemain de sa fin.

J’abhorre les segments. Même si les droites n’existent pas, je veux y croire. Je n’ai pas à borner mes espoirs, à enserrer mes rêves dans de raisonnables cases. Ils le sont tellement, pourtant.

Ces mots maladroits, bancals et faussement hermétiques pour aboutir à une banalité : apprendre à apprécier le présent. Le bonheur de pouvoir sentir le vent et entendre le bruit de ses propres pas.

Se rappeler ses rêves. Ceux où l’on court sans cesse, empli de joie, sans perdre de force, sans s’essouffler. Ces rêves merveilleux de fuite à travers des forêts closes dont on saute les barrières.

Et aussi, ne pas (se) comparer. Chacun son propre chemin, ses passages, ses tunnels, ses sentiers, ses gouffres et ses impasses. Et ses voies royales.

Et oublier aussi, ne pas tout théoriser. Et vivre surtout.

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vendredi 1 août 2008

67.



1.
Après quelques semaines de relative évolution, de légère prise de recul, je stagne désormais. Voire, je régresse.

Il m’a été suggéré d’aller voir un psychothérapeute, pour régler des problèmes ; ceux-ci, et d’autres, qui viennent de l’enfance.

Ce n’est pas de l’orgueil ou de la fierté, mais je n’irai pas, parce que je n’en ai pas envie, tout simplement.



2.
Les impressions et ressentis varient énormément, selon les jours et les heures de la journée.

Chaque matin, je fais face à une solitude crue et blême. Il y a des heures où l’on pense en bloc que rien n’en vaut la peine.

Le soir est plus tamisé, plus nuancé. Le vide n’est pas le même. Il a plus de relief, se nourrit d’autres choses et n’est plus vraiment le vide.



3.
Bientôt les vacances. Je les appréhende un peu.

C’était un voyage que nous voulions faire à deux, un (très petit et modeste) périple de villes en villes, un retour aux sources. Et j’y vais seul.

Je me vois déjà errer dans les rues. Seul, assis dans des avions, marchant dans les villes, dormant dans de lointaines et esseulées chambres hôtels.

Je ne fuis pas la solitude, compagne de longue date, simplement tapie derrière la porte et qui attendait de m’ouvrir ses bras à nouveau.

Ce sera aussi l’occasion de s’aérer, de s’éloigner, de penser à autre chose, plutôt que de vivre enfermé.

Mais je ne suis pas un être sociable. J’ai tendance à fuir mes semblables ; non que je repousse les gens mais je ne fais rien pour m’en approcher.

Ce sont des choses qui ne changent pas. On est ce que l’on est. D’ailleurs, je ne songe pas véritablement à changer. C’est un tort, mais je ne me ferai pas violence.



4.
Je crois en cette phrase : le plus beau reste à venir.

Et aussi. Il y a un temps pour tout. Un temps pour s’attrister et un temps pour se réjouir. Un temps pour détruire et un temps pour construire.

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lundi 28 juillet 2008

66.

C’est curieux de se dire que sa vie rentre parfaitement dans les cases de la banalité. Rencontre, amour, vie commune, projets, mariage, adultère, séparation, divorce.

« Mari trompé » ; « divorcé » ; « ex-épouse ». Des mots que je n’imaginais pas.

Et je me vois si peu avec quelqu’un d’autre. Tellement de complicité, de mémoire partagée, de compréhension.

Elle a mis tant d’application à être l’instrument de notre destruction. J'avais aussi des torts ; mais tout de même.

Encore un moment assez bas. Solitude palpable. Ca passera.

Posté par Charlie Brown à 15:27 - Commentaires [14] - Permalien [#]